Depuis sa nomination à la tête de l’iaelyon en 2023, Marie-Christine Chalus n’a pas tardé avant d’ajouter une nouvelle corde à son arc déjà bien fourni. Élue présidente du réseau IAE France l’été dernier, cette professeure des universités, et chercheuse en entrepreneuriat, déborde d’idées pour façonner la formation des talents de demain.
Quels sont les grands axes de votre programme en tant que nouvelle présidente du réseau IAE France ?
« Nos priorités sont de renforcer les synergies entre formation et emploi au sein de notre réseau fort de 38 établissements et 53 000 étudiants. Nous souhaitons également donner un nouvel élan à la recherche et élargir nos partenariats. Mais notre ambition première est de développer
et de faire rayonner notre modèle unique des IAE en collaborant étroitement avec les acteurs socio-économiques. Enfin, nous accordons une importance particulière à la formation de managers responsables.
Quels sont les défis de la formation des professionnels du chiffre pour répondre aux nouveau besoins des entreprises ?
La transformation numérique redéfinit en profondeur les entreprises et les métiers du chiffre, notamment avec des évolutions comme la facturation électronique. Dans un futur proche, les missions traditionnelles de saisie comptable disparaîtront pour laisser place à des rôles axés sur la collecte, la révision et l’analyse de données. Les experts-comptables et les chefs de mission développent donc depuis bon nombre
d’années leurs compétences dans des fonctions à forte valeur ajoutée : accompagnement des dirigeants en matière de stratégie, de management, de conseil patrimonial ou encore en transformation digitale.
Quelle importance ont la RSE, la durabilité, la data, la digitalisation et l’intelligence artificielle dans vos formations ?
Les entreprises prennent conscience de leur impact écologique et de leurs responsabilités, tout en faisant face à des exigences légales croissantes.
Elles ont un besoin urgent de professionnels capables de mettre en œuvre des solutions concrètes, mesurables et adaptées. Dans nos IAE, nous formons nos étudiants à répondre d’une part à ces enjeux en acquérant des compétences transversales et d’autre part, aux missions globales exigées par les entreprises, notamment dans la communication extra-financière. Ils peuvent notamment s’appuyer sur notre référentiel RSE structuré, ainsi que sur un observatoire dédié à ces thématiques. Concernant l’IA, nous l’intégrons déjà dans nos cursus, et nos étudiants commencent à maîtriser ces outils pour anticiper les évolutions de leur métier. Par ailleurs, la création d’une chaire sur l’IA, en collaboration avec nos chercheurs, est en cours et permettra d’aller encore plus loin sur le sujet.
Ressentez-vous un manque d’attractivité de la profession au sein de vos formations ?
Au contraire, l’attractivité est en forte progression. Pour exemple, le master CCA de l’iaelyon reçoit un nombre impressionnant de candidatures: 700 dossiers pour seulement 46 places l’an dernier. À l’IAE Saint-Étienne, les candidatures à ce master ont bondi de 55 % en une année. Malgré cette forte demande, nous choisissons de maintenir des capacités d’accueil limitées pour préserver un haut niveau de qualité. Par ailleurs, le nombre de diplômés du DEC a nettement augmenté, passant de 1 225 à 1 472 en 2024 au niveau national. Une année record.
Quel impact ont les IAE régionaux sur l’employabilité en Auvergne-Rhône-Alpes ?
En moyenne, 80 % des diplômés des IAE trouvent un emploi en Auvergne-Rhône-Alpes dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme.
Nos jeunes diplômés expriment une réelle volonté de bâtir leur avenir dans notre région dynamique et attractive. Nos formations continues et en alternance sont des tremplins vers l’emploi, qui permettent d’accéder rapidement au marché du travail. À titre d’exemple, les diplômés d’une licence professionnelle en RH et paie affichent un taux d’emploi de 98 % à l’issue de leur formation. Ce succès dépasse le cadre des métiers de la comptabilité et témoigne de l’impact majeur et de la solide réputation de l’IAE en tant qu’acteur économique et social du territoire. »
L’éco en bref
+0.3% de hausse cumulée de chiffre d’affaires (CA) sur la période du 1er au 4e trimestre 2024 par rapport à la période du 1er au 4e trimestre 2023.
Au 4e trimestre 2024, l’indice de chiffre d’affaires (ICA) des 100000 TPE-PME d’Auvergne-Rhône-Alpes de notre échantillon est de 99, soit une diminution de CA de 1 % en valeur par rapport au 4e trimestre 2023. Ce résultat est la conséquence de baisses sur les mois d’octobre et de décembre, entrecoupées d’un rebond au mois de novembre, en partie lié à un effet de base, l’activité s’étant repliée en novembre 2023. Il place la région au 6e rang du classement national avec un ICA supérieur de 0,3 point à la moyenne française. Retrouvez les chiffres en détail sur le site imagepme.fr